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La position de Semantia,
comme pour beaucoup de sociétés émergentes
dans le langage naturel, est celle du pragmatisme. Au lieu
de proposer une énorme machinerie d'analyse et de
connaissances linguistiques, Semantia table plutôt
sur une bonne représentation d'un domaine défini
précisément pour proposer ses solutions de
dialogue en langage naturel.
L'art de bien
converser selon Semantia est basé sur le principe
d'une scénarisation des dialogues sous forme de scripts.
Pour une question posée, cet outil procède
à l'extraction de mots-clés, mis en contexte
grâce à un raisonnement au plus proche d'une
méthode algorithmique : sous telles conditions, tel
objet (le mot-clé) est associé à telle
action (la réponse). La grande force d'un tel dispositif
? C'est qu'il est le fruit de 15 années d'expérience
en messageries télématiques où le but
du jeu était de faire durer le plus longtemps possible
une " conversation " en créant l'illusion
d'un interlocuteur humain. On peut donc imaginer la taille
de son capital " réplique du tac au tac ".
Mais point d'analyse linguistique dans tout ça, à
tout le moins, pas d'analyse syntaxique - la composante
lexicale (lexique pourvu de liens synonymiques et hiérarchiques),
en revanche, est incontournable : Semantia intègre
les thésaurus
clients.
Et pour quoi
faire plus compliqué puisque cela marche bien ainsi
? En effet, on m'a signalé la capacité qu'a
cet outil à traiter la co-référence.
Par exemple, dans un jeu interactif (la pauvreté
du dialogue est de mon fait !):
- j'ai perdu l'arme
- elle est dans le coin
- je ne la vois pas
Et bien, sans se laisser décontenancer par le pronom
" la ", ambigu de surcroît avec l'article
homographe
qui passe souvent à la trappe des mots-vides
éliminés, l'interface continue imperturbablement
à fournir des précisions concernant l'arme
perdue. Sans analyse linguistique. Tout simplement ( ?)
parce que dans ce contexte de dialogue, il ne peut s'agir
que de la fameuse arme.
Faisons tout de même
le point sur l'aspect convivial de l'outil qui constitue
la valeur ajoutée de ce type d'interface :
- Semantia n'est pas animée ; personnellement cela
me gêne moins que les sottes mimiques de Julie.
- Semantia n'enregistre pas l'identification de l'utilisateur
comme le fait Cybelle
qui vous gratifie d'un chaleureux " Nice to see you
again " lors des sessions ultérieures.
- J'ai effectué un test un peu tordu pour mesurer
les possibilités de gestion de la cohérence
d'un dialogue : j'ai posé plusieurs fois la même
question successivement (même mots, même syntaxe)
: j'ai obtenu la même inébranlable réponse.
Je me suis pourtant laissé dire que lors de l'époque
héroïque des messageries télématiques,
les outils développés par Semantia avaient
la possibilité de repérer les questions
éludées et de revenir à la charge
au cours de la conversation sur ces mêmes questions
pour obtenir la réponse souhaitée.
- Enfin, une de mes requêtes n'ayant obtenu aucune
réponse, j'ai communiqué mon email et j'ai
effectivement reçu une réponse, dans les
meilleurs délais.
Au demeurant,
je vous recommande d'aller tester les outils de Semantia
sur le site d'Orphée-Multimédia
pour son graphisme très réussi. L'hôte
virtuel s'appelle Angelo, et sert de hot-line automatique
pour le roman interactif " La cité des échos
".
Prévue pour le début de l'été
2001, l'implantation de Semantia comme hôtesse d'accueil
sur le site de la SNCM permettra de mieux juger de son efficacité
en recherche d'informations.
Restons attentifs aux développements de cette société
dont la croissance rapide aura des incidences certaines
sur les performances d'analyse linguistiques de ses outils.
Liliane
Khouri
Responsable
du développement linguistique
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